Bien que ses compositions foisonnent de corps flottants prompts à quitter leurs châssis pour recouvrir murs et plafond, c’est l’âme que Zinkpè cherche avant tout à capter. Une âme africaine ? « Je ne suis pas sûr qu’il existe une âme africaine. Je raconte plutôt des histoires de l’humanité ». Culture animiste et cérémonies vaudou nourrissent pourtant son inspiration. La clé de ses tableaux ésotériques se trouve dans les rituels : le maître de cérémonie responsable des offrandes, les êtres doubles, s mi-animaux mi-humains, le Petit malin grimaçant qui ragote pour semer le chaos… Autant de personnages qu’un regard occidental trouverait « folkloriques ».

« Le folklore, ça existe aussi, je ne vais pas le taire pour satisfaire des codes de l’art contemporain », réplique-t-il. Et d’ajouter : « Quand on dit que la peinture et la sculpture sont ringardes, ça m’intéresse encore plus. C’est un peu compliqué de vouloir peindre et sculpter aujourd’hui. Mais on va résister ». Résister, le mot lui sied. Dans l’installation-choc « Malgré tout ! », il montrait en 2002 une Afrique malade, sous perfusion : critique des aides internationales mal ciblées, satire d’un continent nonchalant qui ne prend pas son destin en mains.

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